LA VIE DE SAINTE ROSELINE

LA VIE DE SAINTE ROSELINE
Moniale Chartreuse de Provence 1263-1329


Roseline et son
tablier de roses

Fille d’Arnaud II de Villeneuve, Seigneur des Arcs et de Trans, et de Sibylle de Sabran, elle naquit le 27 janvier 1263 au château des Arcs. Suivant les exemples charitables de ses parents, elle soignait les malades, visitait les mourants, apportait aux pauvres de la nourriture. Un jour alors qu’elle sortait du château , portant une provision de pain dans son tablier, son père, averti par un domestique, lui demanda ce qu’il contenait ; écartant les mains elle laissa tomber son tablier d’où s’échappa une moisson de roses. Ce fut là son premier miracle.

Conseillée par sa tante Jeanne de Villeneuve, Prieure de l’Abbaye Cartusienne de La-Celle-Roubaud, proche des Arcs, Roseline décida de se rendre comme postulante à l’Abbaye de Saint-André-de-Ramirès, sous la conduite de Josselin, évêque d’Orange, puis de rejoindre l’Abbaye de Bertaud, perdue au fond d’un vallon inhospitalier proche du village de Rabou (05) pour y accomplir son noviciat et y revêtir l’habit de professe le jour de Noël 1280. Rappelée en 1285 à La-Celle-Roubaud, elle reçut, en 1288, la consécration solennelle des mains de l’évêque de Fréjus Bertrand de Faviers.

Agée de 37 ans en 1330, elle fut choisie pour succéder à sa tante Jeanne comme prieure du couvent, et installée dans ses fonctions par Jacques d’Euse, évêque de Fréjus et futur Pape Jean XXII, qui ne cessa de veiller sur elle.

Le plus célèbre des nombreux miracles qui lui sont attribués est celui de la légendaire libération de son frère Henrion, Commandeur des Chevaliers Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, prisonnier des Sarrasins en 1310 sur l’île de Rhodes, miraculeusement délivré de ses chaînes et transporté en Provence.

Après avoir abdiqué de sa charge de Prieure, elle rendit son âme à Dieu le 17 janvier 1329 à l’âge de 66 ans. Sa mort fut marquée par de nombreux miracles, les aveugles retrouvèrent la vue et les paralytiques l’usage de leurs membres.

En juin 1334, le Pape Jean XXII chargea Elzear de Villeneuve l’évêque de Digne, frère de la Sainte de procéder à l’exhumation de son corps inhumé dans le cimetière du couvent pour le transférer dans le cloître. Son corps apparut alors aussi bien conservé que le jour de sa mort. Plusieurs translations suivirent en 1344 et 1360. Caché par les religieuses pendant les troubles de la Guerre de Cent Ans, son corps fut redécouvert grâce à un aveugle ayant miraculeusement recouvré la vue ; une nouvelle translation eut lieu le 20 octobre 1657.

En 1660, Louis XIV, accompagné de sa mère Anne d’Autriche, voulant vérifier l’authenticité de ses yeux conservés dans un reliquaire, ordonna à son médecin de percer l’un d’eux avec son stylet ; aussitôt l’œil s’obscurcit et un liquide s’en échappa.

De nouvelles translations eurent lieu en 1835 et 1894 ; de nos jours, après de récents travaux de conservation, sa dépouille mortelle, revêtue de son habit de Chartreuse avec l’étole et le manipule, demeure exposée à la dévotion des fidèles dans une châsse de verre.


La chasse en cristal contenant le corps momifié de Sainte Roseline

Le reliquaire des yeux

La dévotion à Sainte Roseline donne lieu à des processions dont les principales se déroulent le 17 janvier pour la fête de la Sainte, le premier dimanche d’août et le 16 octobre.

                     La chapelle Sainte Roseline aux Arcs (83)

En 1260, des Moniales Chartreuses, venant de la Chartreuse de Bertaud (05) sous la conduite de Jeanne de Villeneuve, tante de Ste. Roseline, s’installent à l’Abbaye de La Celle-Roubaud occupée auparavant par des Bénédictines dépendant de l’Abbaye de Sourribes (04).

La chapelle, classée M.H. , possède un très riche mobilier notamment des stalles renaissance et la clôture du chœur datés de 1635 ainsi que le maître-autel avec son grand retable baroque dont les colonnes torses encadrent une Descente de Croix en bois polychrome sculpté du XVéme siècle. Dans la chapelle de gauche, retable de la Nativité daté de 1541. L’Enfant Jésus est entouré de la Ste. Vierge et de St. Joseph, à l’arrière plan Ste. Roseline agenouillée accompagnée des enfants du donateur et d’anges le contemple ; en retrait Claude de Villeneuve, seigneur des Arcs, et son épouse Isabelle de Rétis et St. Bruno.

 

 

 

A l’extérieur du chœur, sur la droite, la chasse de cristal dans laquelle repose le corps de la Sainte miraculeusement conservé et le reliquaire de ses yeux (1883). Une mosaïque de Marc Chagall, des vitraux de Jean Bazaine et Raoul Ubac ainsi qu’un lutrin de bronze de Diégo Giacometti ornent également cette chapelle.

Des ex-voto peints sont déposés dans la chapelle, ils montrent de la foi des habitants envers Sainte Roseline, et témoignent de leurs voaux qui furent exaucés.

En 1817 suite à une grande sécheresse compromettant leurs récoltes, les habitants de Lorgues se rendirent en pèlerinage au tombeau de la Sainte pour implorer son aide, leur demande fut exaucée par une pluie abondante. Sur un autre ex-voto, on voit un homme accidenté suite à une chuite, qui à supplié Sainte Roseline de l'aider.

La Chapelle est ouverte du mardi au dimanche aux horaires suivants : février- mars : 14h30 -17h, avril-mai : 14h30-17h30, juin-septembre : 14h30-18h00, octobre-décembre : 14h30-17h00. La chapelle est fermée le lundi et en Janvier. En dehors des horaires, veuillez joindre le recteur du sanctuaire.

Pèlerinages annuels le 17 janvier avec procession à 10h et messe solennelle à 10h30.Elle est en face de la cave de Sainte Roseline, qui produit le meilleur sinon l'un des meilleurs grands vins de Provence

Article de Jean Dieudé, publié dans le Bulletin Oratoires de Mai 2008.
Photos Jean Dieudé et Brigitte Hüe
Le 3 juillet 2015