Saint-Vrain Evêque de Cavaillon et Pèlerinage à Saint-Firmin-des-Prés (41)

SAINT-VRAIN, ÉVÊQUE DE CAVAILLON  (84)
ET PÈLERINAGE À SAINT-FIRMIN-des-PRÉS (41)

En 585, ‘VRAINUS’ aussi appelé VERANUS, Evêque de Cavaillon sous le nom de Saint Véran, siégea au Concile de Macon convoqué par Gontrand roi des Burgondes, second fils de Clotaire. Il fit partie, avec l’évêque de Sens et celui de Troyes, de la commission chargée d’enquêter sur le meurtre de Prétextat, l’évêque de Rouen, assassiné sur ordre de la reine Frédégonde. Sa route passant par le vendômois, il s’arrête pendant l’hiver au village de Réveillon-lez-Vendome, à proximité d’une source miraculeuse, ancien lieu de culte païen, située à l’emplacement actuel de la chapelle de Saint-Vrain.
Durant son séjour il accomplit de nombreux miracles à l’origine de ce pèlerinage.

En 1208, Renaud II, seigneur de Lisle, fonde un prieuré sur son domaine de Réveillon à l’emplacement de ce lieu de pèlerinage dont il donne le gouvernement à l’Abbaye de la Chartrerie de Fontgombault, fondée en 1091 par l’ermite Pierre de l’Etoile, pour que l’on puisse prier là où s’était arrêté le Saint et recevoir dignement les nombreux pèlerins qui venaient demander une grâce ou leur guérison.

Le pèlerinage est très fréquenté jusqu’au 17ème siècle. Saint Vrain est invoqué pour la mauvaise circulation du sang, les varices, le zona, pour la protection des petits enfants « avant et après la naissance » ; également contre les épidémies de peste ainsi que pour la protection du bétail

Une procession portant la statue du saint sur un brancard se rend à la Fontaine-Saint-Vrain. La source aux eaux abondantes recouverte d’une voûte surmontée d’une croix de fer s’écoule dans une sorte de bassin rectangulaire peu profond d’où elle rejoint le Révillon. C’est dans ce bassin que certains fidèles plongent leurs jambes et se frottent avec l’eau pour se protéger des rhumatismes.
Chaque personne qui accompli le « voyage » fait bénir deux rubans : elle en place un sur la statue du Saint et emporte l’autre, après l’avoir frotté contre la statue (ou contre la chasse des reliques avant sa disparition en 1966).
Le pèlerinage a connu une période de déclin après la Révolution et la vente du prieuré comme Bien National. En 1883, l’Abbé Gatien, curé de Saint-Firmin-des-Près, achète ce qui reste des bâtiments et s’emploie, en 1886, à construire la grande chapelle actuelle. L’ancienne chapelle, pour les besoins de cette nouvelle construction est amputée d’une partie de son chœur et fait désormais office de sacristie. Il remet en honneur le culte et le pèlerinage dont la date est fixée au 16 mai.
L’ancienne statue du 15ème siècle en bois polychrome avait été secrètement conservée dans la maison d’une famille de la commune.

Entre les deux dernières guerres, avec l’abbé Jean Peltier, le pèlerinage reprend le jour du premier mai. Monseigneur Georges Audollent, évêque de Blois, vient en visite en 1928 et approuve cette prière : « Bon Saint Vrain, que Dieu dans sa bonté nous a donné comme protecteur et comme modèle, veillez sur nous, protégez nous, guérissez nos malades, et obtenez du ciel, avec la santé de nos corps, le salut éternel de nos âmes. Ainsi soit-il. ».
Après la seconde guerre mondiale, sous l’impulsion du chanoine Maurice Champeau, le pèlerinage reprend malgré le vol en 1966 de la statue et de la chasse contenant les reliques de Saint Vrain. En 1978, une nouvelle statue a été sculptée dans une vieille poutre de bois par l’artiste Jean Touret.

 Chaque premier mai, le pèlerinage continue de vivre et de se développer grâce au dévouement et à la générosité des chrétiens bénévoles du Vallon de Réveillon.
Texte et photos Jean Dieudé
Mai 2006